«La Veuve et le Corbeau» de Jacques DOBRUSZKES

La veuve et le corbeau

Les Éditions Branche d'Acacia publient, en janvier 2011, un curieux roman policier. Curieux par sa forme, car l'auteur, Jacques Dobruszkes, a choisi de raconter l'histoire dans un style épistolaire. Donc, par un échange de lettres entre deux personnages. La Veuve qui recevra les lettres du Corbeau et y répondra de plus en plus facilement, après une première phase de rejet.

Dans le domaine du roman policier, ce projet n'est pas fréquent. Il est infiniment plus facile d'inventer une histoire qu'on va meubler très vite au moyen d'une victime, d'un coupable, de quelques policiers et de plusieurs magistrats. La même histoire traitée en style épistolaire, ramène l'ensemble de la narration à un dialogue entre deux acteurs, qui supporteront la charge du récit et devront assumer toutes les situations sans la moindre dilution. Pour l'auteur, c'est un exercice périlleux, sachant qu'il n'existe aucune porte de sortie, l'aventure de ce "couple maudit" devant, au bout du voyage, livrer au lecteur les clés de l'énigme.

Cela étant dit, "La Veuve et le Corbeau" est un roman policier qui respecte les règles du genre. Au début du récit, le cadavre d'un homme que tout destinait à la respectabilité et à une vie de chef d'entreprise sans remous particuliers. Mais cette vie bien ordonnée, lisse et presque conventionnelle s'arrêtera brutalement. La veuve de la victime découvrira des choses bizarres qui viendront ternir le portrait sans faille de son défunt mari. Et puis, elle-même a-t-elle pour soeur de lait une Pénélope tissant sa tapisserie en regardant droit devant elle? Peu à peu, le Corbeau démontera cette mécanique bien huilée. Un échange de lettres, qui va durer pendant plusieurs mois, révélera que le visage de l'innocence n'est pas toujours celui que l'on croit. Et, durant l'enquête, quelques personnages secondaires viendront se mêler au sujet, pimentant l'histoire. L'oiseau symbolique de la persécution gratuite utilisera son oreille passe-partout pour alimenter les doutes de sa victime. Le tout dans un milieu industriel que l'auteur a décidément bien connu, puisqu'il en a fait le théâtre de son précédent roman, "Le Métis nippon", édité en 2010 par notre Maison.

Les enquêtes qui entoureront "La Veuve et le Corbeau" seront peu productives, car l'assassin a joliment conduit tout le monde dans une impasse. Et c'est dans les toutes dernières pages du livres qu'on découvrira le dénouement inattendu de l'affaire et, surtout le pourquoi et le comment des choses. Bref, un roman presque classique, qui aura démontré que le style qu'il a adopté n'était pas réservé à quelque dame de Cour chère à un roi de France! Avec toutefois, une différence importante: ici, il y a un mort et un assassin...

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